Publié le 4/09/2025
Malfaçons après travaux : comment obtenir réparation ?
Le choix du recours dépend de la gravité du désordre et de sa date d’apparition. La réception constitue le point de départ essentiel des garanties.
Des malfaçons peuvent apparaître pendant un chantier, lors de la réception ou plusieurs mois après l’entrée dans les lieux. Fissures, infiltrations, défauts d’isolation ou équipements défaillants n’obéissent pas tous au même régime. Pour obtenir réparation, il faut qualifier les désordres, identifier les entreprises et agir dans le délai adapté.
Qu’est-ce qu’une malfaçon ?
Il s’agit d’un travail non conforme au contrat, aux règles de l’art ou à l’usage attendu. Un défaut esthétique n’a pas les mêmes conséquences qu’un désordre compromettant la solidité ou rendant le logement impropre à son usage.
Le rôle décisif de la réception
La réception marque la fin du chantier et le point de départ de plusieurs garanties. Les défauts visibles doivent être inscrits dans le procès-verbal sous forme de réserves précises. Une réception signée sans réserve peut compliquer le recours pour les anomalies apparentes.
La garantie de parfait achèvement
Pendant l’année suivant la réception, l’entreprise doit réparer les désordres signalés dans les réserves ou notifiés ultérieurement. Une lettre détaillée, accompagnée de photographies et d’un délai d’intervention, permet de formaliser la demande.
La garantie de bon fonctionnement
Certains équipements dissociables sont couverts pendant deux ans. Chauffage, volets ou appareils installés peuvent être concernés selon leur nature. La garantie ne remplace pas l’entretien normal et ne couvre pas une mauvaise utilisation.
La responsabilité décennale
Les désordres graves affectant la solidité ou l’usage du bâtiment peuvent relever de la garantie décennale. Il faut déclarer le sinistre à l’assureur dommages-ouvrage lorsqu’une telle assurance existe et informer les assureurs des constructeurs.
Constater avant de réparer
Une entreprise tierce ne doit pas intervenir avant que les responsables aient pu examiner les désordres, sauf urgence. Un constat, des mesures d’humidité et une expertise peuvent être nécessaires. Les factures, devis, plans et échanges de chantier doivent être réunis.
L’expertise amiable ou judiciaire
Une expertise amiable contradictoire peut déterminer une solution technique et un calendrier. Si les entreprises contestent leur responsabilité, une expertise judiciaire permettra d’établir les causes, les travaux nécessaires et leur coût.
Que peut demander le propriétaire ?
La priorité est la réparation conforme. Si elle n’est pas possible ou si elle a été refusée, le propriétaire peut demander le coût des travaux, les frais annexes et l’indemnisation d’un trouble de jouissance prouvé. Les améliorations étrangères au désordre restent à sa charge.
Les erreurs à éviter
- Signer la réception sans examiner le chantier.
- Décrire les réserves de manière trop générale.
- Faire disparaître les désordres avant constat.
- Ne prévenir qu’une seule entreprise.
- Laisser passer les délais pendant les discussions.
La réparation des malfaçons repose sur une chronologie rigoureuse. Plus les désordres sont documentés tôt, plus il est facile d’activer la garantie adaptée et d’obtenir une solution complète.
Maître Mathilde POLSINELLI, Avocate au barreau de BORDEAUX
Droit immobilier, droit de la construction, droit de la responsabilité, droit des mineurs