Publié le 12/04/2026
Décoration, aménagements et travaux dans un logement loué, les autorisations et limites
La loi du 6 juillet 1989 encadre les autorisations du locataire dans la personnalisation de son logement et les aménagements qu’il peut y réaliser. Elle règlemente aussi les droits du propriétaire en cas de dégradations portées au bien.
Lorsqu’il personnalise son logement, le locataire doit respecter un double cadre :
- D’une part, il peut réaliser librement des aménagements qui ne modifient pas la structure ni les équipements essentiels, sans que le bailleur puisse s’y opposer,
- D’autre part, toute transformation du bien ou des équipements nécessite un accord écrit du bailleur, à défaut duquel, ce dernier pourra exiger une remise en état ou conserver les transformations sans indemnité.
La personnalisation est encadrée par l’obligation de jouissance paisible, la responsabilité des dégradations et l’obligation de prendre en charge l’entretien courant et les réparations locatives.
Concrètement, le locataire peut, sans autorisation du bailleur et sans être redevable d’une indemnité en fin de bail :
- changer la couleur de peintures,
- poser des étagères, des cadres, des suspensions,
- installer des placards,
- modifier la décoration.
Les travaux de personnalisation, purement esthétiques et réversibles, qui n’affectent ni la distribution des pièces, ni les éléments structurels ou équipements essentiels relèvent des aménagements, sous réserve de ne pas excéder l’usage normal et de ne pas se traduire pas des dégradations.
Le locataire ne peut, en revanche pas, sans accord écrit du propriétaire :
- percer une façade,
- procéder à des installations techniques lourdes,
- abattre une cloison,
- modifier les revêtements (carrelage, parquet),
- transformer la structure du logement.
L’absence d’accord donne au bailleur le choix d’exiger la remise en état au départ du locataire, ou de conserver, à son bénéfice, les transformations, sans indemnité.
Lorsque les transformations mettent en péril le bon fonctionnement des équipements ou la sécurité du local, le bailleur peut exiger la remise en état immédiate, aux frais du locataire.
L’état des lieux demeure un élément essentiel, car il permet de comparer l’état du logement entre l’entrée du locataire au sein du logement et la rupture du bail, et de constater les éventuelles dégradations.
La distinction entre simple aménagement et transformation du logement peut parfois être délicate à apprécier.
En cas de désaccord entre bailleur et locataire, de demande de remise en état, de retenue du dépôt de garantie, ou de litige relatif aux travaux réalisés dans le logement, il est essentiel de connaître précisément ses droits et obligations.
Un avocat intervenant en droit immobilier peut vous accompagner à chaque étape, qu’il s’agisse d’évaluer la conformité des travaux envisagés, de sécuriser les échanges avec l’autre partie, ou de vous assister dans le cadre d’une procédure amiable ou judiciaire.
N’hésitez pas à solliciter un conseil personnalisé afin de préserver vos intérêts et d’éviter qu’un différend locatif ne se transforme en contentieux.
Maître Mathilde POLSINELLI, Avocate au barreau de BORDEAUX
Droit immobilier, droit de la construction, droit de la responsabilité, droit des mineurs